Le catharisme

L’origine du catharisme (IIème siècle après J.C. – 1179)

La doctrine arienne

Prêchée par l’Evêque Arius, elle fut condamnée et qualifiée d’hérétique lors du concile de Nicée en 325, et de celui de Constantinople en 381.
Cette hérésie portait sur la nature de la divinité du Christ. D’après Arius, le Christ n’est pas éternel comme le Père, mais fut engendré par celui-ci. Avant, il n’existait pas. Alors que le Père est la cause de toutes choses, il est sans commencement.
Le christianisme connut d’autres résistances intellectuelles comme le manichéisme et la gnose.

Le manichéisme

Doctrine élaborée par un Persan (216 – 277) elle fut poursuivie par les pouvoirs de l’époque, perse, byzantin puis pontifical.
Le manichéisme est à l’origine de nombreuses hérésie chrétiennes comme celles des caïnites (III ème siècle), des pauliciens (VIIème siècle), des priscillanistes (IVème et Vème siècles), et plus tard des bogomiles et des cathares.

La gnose

La gnose (du grec gnôsis, connaissance) est un courant de pensée né avant l’ère chrétienne en pays juif et en Syrie. A Rome, au II ème siècle, Saint Justin et Saint Irénée s’y opposèrent.

Les thèses manichéennes et la pensée gnostique disparurent progressivement en occident à partir du V ème siècle.
A contrario, en Asie Mineure, émergea vers 660, une secte néo-manichéenne fondée par Constantin de Manalis : les pauliciens.
Condamnés par les autorités byzantines, ils furent envoyés dans les Balkans, en 872, dans l’actuelle Bulgarie où ils prêchèrent leur doctrine et formèrent leurs successeurs, les bogomiles, dont le nombre et l’activité augmentèrent pendant les Xème et  XIème siècles, malgré les persécutions dont ils furent l’objet. Leurs missionnaires parcoururent les Balkans et le bassin méditerranéen, jusqu’en Italie et dans le Midi de la France.
Comme les pauliciens, les bogomiles affirmaient qu’une grande partie de l’Ancien Testament et de l’histoire du Christ devait être interprétée allégoriquement sur la base du manichéisme. Pour eux, Dieu le Père aurait eu deux fils, Lucifer et Jésus.
Lucifer se fit l’instrument de Dieu et il créa les corps humains auxquels le Père donna la vie. Mais son orgueil et son désir de puissance le perdirent. Jaloux de la destinée glorieuse promise à Adam, il séduisit Eve qu’il mit enceinte et qui enfanta Caïn. Celui-ci fît entrer dans le monde le mal et le conflit.
C’est l’origine de l’antagonisme entre le Bien et le Mal, incarnés par Abel et Caïn.
Moïse, quant à lui, fut involontairement l’allié de Caïn, car il troubla si bien les hommes par sa loi que Dieu dut leur envoyer son autre fils, Jésus.
Jésus combattit le Mal que son frère Lucifer avait répandu dans le monde, et il regagna le ciel auprès du Père en laissant le Saint-Esprit sur terre afin qu’il le représente dans le coeur des hommes.
Les bogomiles rejetaient les sacrements chrétiens, le culte de la Vierge, des Saints et images, mais tout comme les chrétiens ils célébraient la messe.
Les nouveaux convertis étaient initiés lors de réunions secrètes. Cette hérésie fut combattue par le bûcher. Ce qui n’empêche pas le bogolisme de s’implanter en Bosnie et en Serbie où il fut religion d’Etat jusqu’à l’arrivée de Turcs au XVème siècle.
Remarque linguistique : Les premiers adeptes de cette hérésie (en Allemagne, en Italie et en France) sont appelés, dans les textes des évêques catholique du XII ème siècle, des « manichéens » ou des « hérétiques » (en latin : manichéi ou heretici). Eux-mêmes se désignaient comme « purs » (en grec catharos). Le terme français « cathare » apparait pour la première fois, peu avant 1214, dans un texte français de Robert d’Auxerre « la Chronologie » (1156 – 1212).

La théologie dualiste du catharisme

Les cathares soutenaient qu’il y avait deux Dieux, un Dieu bon, pur esprit et un Dieu du Mal, Satan ou Lucifer, qui avait conçu le monde matériel et impur (le soleil, les astres, la terre, les corps humains et ceux des animaux). Ce monde matériel est donc un monde satanique. Par conséquent, le Dieu bon n’était pas tout puissant.
Les hommes, descendants d’Adam et Eve, étaient aussi concernés par ce dualisme. Le corps matériel (oeuvre du Diable) renferme l’âme que le Dieu bon a mise dans chaque corps. Cette âme doit être libérée afin de rejoindre son divin royaume.
Pour cela, il a suscité un Médiateur, Jésus, qui est tout à la fois Son fils, Son image et le plus parfait des anges. Les théologiens cathares ne croyaient pas à la Sainte Trinité.
Lors de sa mission, Jésus fut reconnu par Satan comme le Messager du Dieu bon. Satan voulu sa mort, d’où la Passion et la Crucifixion.
Mais le corps non physique du Christ n’endure ni la souffrance ni la mort. Il a guidé les apôtres vers le chemin du salut et il est retourné au ciel en laissant sur terre Son église dont l’âme est le Saint-Esprit.
Mais Satan est resté sur la terre et a continué à pousser les hommes sur la mauvaise voie, celle de l’erreur.
Après avoir anéanti la pure Eglise du Christ, il l’a remplacée par une fausse Eglise, l’Eglise de Rome, l’Eglise « chrétienne » mais qui était en fait l’Eglise du Diable et qui transmettait  l’opposé des enseignements de Jésus. La vraie et pure Eglise, celle qui possédait le Saint-Esprit, était l’Eglise cathare.

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