La croisade contre les Albigeois (1209 – 1229)

La période féodale dans le Sud-Ouest

Dans le sud-ouest de la France, sur les terres contrôlées par le comte de Toulouse, de la fin du 11ème siècle, au début du 13ème siècle, les interventions du roi Capétien étaient rares et épisodiques.

Les deux puissances principales étaient, à l’ouest les ducs d’Aquitaine, suivis à partir de 1152 des Plantagenêt, qui accédèrent au trône d’Angleterre en 1154, à l’est les comtes de Toulouse de la maison de Saint Gilles qui constituait, à la fin du 11ème siècle, une des premières puissances de l’Europe féodale.

 Un territoire aussi grand entraîna de longues absences qui eurent pour conséquence l’émancipation de leurs vassaux, ainsi que celle de la « bourgeoisie » toulousaine, qui, petit à petit, se vit accorder dès 1152, une grande autonomie.

Fidèles à la maison de Saint Gilles, la bourgeoisie toulousaine et une grande partie de la noblesse se rangèrent aux côtés du comte de Toulouse lorsque la ville fut attaquée.

Très tôt, Guillaume IX, le voisin aquitain du comte de Toulouse, essaya de s’emparer de Toulouse, en 1096 et en 1114. Mais, outre les tentatives et les échecs des Plantagenêts, en 1159, 1162, 1164 et 1181, une puissance bien plus importante menaçait Toulouse : la puissance catalane.

Malgré une alliance de courte durée avec le Plantagenêt, qui se sentait également menacé par les catalans, Raymond VI, comte de Toulouse, par un renversement d’alliance, se tourna vers Pierre II d’Aragon.

Pour certains historiens, ce choix aurait pu aboutir à l’unification réelle des pays de langue d’Oc.
Mais la croisade contre les Albigeois y mit un point final.

La croisade contre les Albigeois

Au début du 13ème siècle, les comtes de Toulouse, également ducs de Narbonne et marquis de Provence, possédaient un territoire qui s’étendait de la Garonne au Rhône. De plus, leurs vassaux, les vicomtes de Trencavel, étaient établis à Carcassonne et à Béziers.
Même s’ils étaient vassaux du roi de France, les comtes de Toulouse étaient des seigneurs très puissants et très indépendants.
Ils étaient en permanence en relation avec la Provence, les villes d’Italie et les pays espagnols, alors qu’ils n’avaient que peu de rapports avec le reste de la France dont ils ne partageaient ni la langue, ni les moeurs, ni la culture, ni les institutions. C’était comme si le nord de la France était peuplé d’étrangers issus d’une autre civilisation.

La religion cathare, qui émergea au 12ème siècle fut une des facette de cette particularité.
Elle se répandit rapidement, bénéficiant de la négligence du clergé catholique et de l’indulgence des autorités méridionales.

Ce mouvement, essentiellement citadin, s’établit surtout dans les villes de Lavaur, Albi, Carcassonne, Castelnaudary et Toulouse.

Pour mettre fin à cela et imposer l’autorité royale, il fallut une croisade, une guerre à la fois politique, religieuse et sociale.

La croisade fut prônée en 1208 par Innocent III, dans le but de bouter le catharisme hors du comté de Toulouse, et entreprise sous décision de l’Eglise, car Philippe-Auguste refusa d’y prendre part.

L’assassinat de Pierre de Castelnau, légat d’Innocent III, entraîna la précipitation des événements.
Les croisés envahirent le Midi en juillet 1209. Le 21 juillet 1209, ils prirent la ville de Béziers et massacrèrent la population sans distinction.

Lorsqu’on essaya de faire comprendre au légat du Pape qu’ainsi des innocents allaient périr, il eut cette phrase :

Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.

Ces mots sonnèrent comme une sentence de mort dans tout le Midi.

Le jeune vicomte, Raymond-Roger Trencavel fut dépouillé de tous ses biens, qui furent octroyés à Simon de Montfort, et mourut emprisonné dans son propre château de Carcassonne.

Après avoir conquis le Cabardès et le Razès Simon de Montfort s’attaqua au territoire du comte de Toulouse. Il envoya ses troupes jusqu’au fin fond du Périgord et de l‘Agenais. Il remporta, en 1213la bataille de Muret, face aux armées de Raymond VI et de Pierre II qui fut tué durant la bataille.

Le concile de Latran, en 1215, attribua à Simon de Montfort tous les territoires conquis, y compris Toulouse et Montauban. Le comte de Toulouse conservait Beaucaire, Nîmes, la Provence et le Rhône.

Le jeune Raymond VII décida de récupérer son ancien territoire.

Aidé par les habitants de Beaucaire, il put reprendre la citadelle défendue par le sénéchal de Simon de Montfort, Lambert de Thurry.

Toulouse, où les habitants s’étaient révoltés contre les occupants, il résista durant six mois contre Simon de Montfort qui mourut le 25 juin 1218, durant le siège.
Le Pape fut surpris et inquiet d’une telle résistance. Il fit appel au prince royal Louis qui organisa une deuxième campagne dans le Midi, dans le but de venir en aide à Amaury de Montfort, placé à la tête des Croisés depuis la mort de son père.

Cette expédition, en 1219, fut un fiasco et Amaury de Montfort fut dans l’obligation de donner ses territoires à Louis VIII, qui prit la tête de la croisade en janvier 1226. Il alla assiéger Avignon, qui résista jusqu’à la fin août, et en fit raser les remparts.

Apprenant ce siège, des villes comme Nîmes, Carcassonne, Beaucaire, Montpellier ou Castres se soumirent.

Ce que le Languedoc comptait encore d’hérétiques fut livré à Louis VIII par le clergé méridional.

Le roi mourut le 8 novembre 1226, ce qui fut bénéfique pour quelques temps au comte de Toulouse et à ses alliés.

Par le traité de Paris, en avril 1229, Raymond VII reconnaissait sa défaite et sa soumission. Il donnait au roi le Bas-Languedoc, le duché de Narbonne, et la partie de l’Albigeois au sud du Tarn.

Il donna également au roi de France sa fille Jeanne, qui était destinée à épouser un des frères du roi, Alphonse de Poitiers.

Une garnison royale s’installa dans le Château-Narbonnais, à Toulouse.
Raymond VII dut entretenir, à Toulouse, les ordres mendiants, chargés de combattre l’hérésie.

Le renforcement de l’autorité du roi

A l’issue de la croisade des Albigeois, les conséquences politiques sont importantes.

La maison de Toulouse, même si elle parvient à résister quelques temps, s’écroula en 1249.

Les Trencavel, seigneurs de Béziers et de Carcassonne, furent « détrônés » dès 1209.

La croisade a surtout permis au royaume de France de s’implanter dans le Midi languedocien.

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