Histoire des bastides

C’est dans le Sud-Ouest de la France, entre 1222 et 1373, entre la Croisade contre les Albigeois et la Guerre de Cent Ans, que furent fondées près de trois cents bastides.

Les bastides étaient des agglomérations médiévales, soit neuves, soit issues de villages absorbés. Elles furent créées à la suite d’un contrat de paréage et bénéficiaient d’une charte de franchises ou de coutumes dans laquelle figuraient les droits des nouveaux habitants.

La fondation de chaque bastide était précédée d’un plan et d’un règlement d’urbanisme minutieux.

Charles Higounet (1911 – 1988), historien médiéviste français, spécialiste des bastides et de l’histoire de Bordeaux et du grand Sud-Ouest, disait en parlant des bastides en 1950 :

« Villes neuves créées par un contrat de paréage, associant deux ou plusieurs pouvoirs pour l’établissement d’un centre de population nouveau. »

Ce terme de « centre de population nouveau » prit tout son sens dans le Midi-Toulousain, l’Albigeois et le Bas Quercy au 13ième siècle.
Ceci permit de différencier la bastide « nova bastida, nova populatio » des villes, castrums, castelnaux ou sauveterres.

Les bastides furent fondées pour des raisons politiques, démographiques, sécuritaires et économiques.
Elles furent la réponse à un grand mouvement démographique qui eut lieu à travers l’Europe, au 13ième siècle.
Il serait donc réducteur d’y voir uniquement des petites villes, avec un plan en damier, une place et une halle, bénéficiant d’une charte de franchises ou de coutumes, et de liberté.

« La pénétration du droit romain dans le bassin de la Garonne coïncide avec un grand mouvement d’affranchissement urbain et de création de bastides. Le principe de liberté individuelle que véhicule le droit romain est le ferment de cette éclosion urbaine acceptée par une féodalité méridionale peu cohérente. » J. Poumarède, historien du droit.

Un exemple frappant fut Toulouse qui connut un développement rapide. Les besoins de l’artisanat et du commerce, tout en augmentant, favorisèrent la circulation des personnes et des biens. Si un serf était laissé libre de travailler par son maître, la ville lui reconnaissait la liberté économique.

Le terme de bastide « bastida vel bastia » apparu pour la première fois dans une correspondance entre le comte de Toulouse, Raymond VI et le roi Pierre d’Aragon, en 1204.

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